Article de Julien Pidoux, lundi 13 septembre 2010 dans le quotidien romand 24 Heures
Des bijoux à louer pour le week-end
BEAUTÉ - Lausannoise d’origine roumaine, Ilinca Vlad a appris à souffler le verre à Murano. Aujourd’hui, elle crée des bijoux uniques qu’elle met en location.
Afin d’être la plus belle pour aller danser, autant mettre toutes les chances de son côté. Par exemple en ornant son décolleté d’un bijou unique, fait d’argent et de verre soufflé. C’est justement ce que fait Ilinca Vlad, née en Roumanie en 1973, débarquée en Suisse dix ans plus tard. Après avoir appris le droit à l’Université de Fribourg, la jeune femme se consacre depuis un an entièrement à sa passion. «J’ai appris à travailler le verre à Murano, et je continue à prendre des cours sur le travail de l’argent dans une bijouterie lausannoise», explique-t-elle.
Entre ses mains naissent des pièces légères, colorées, parfois monumentales. Et qui ne sont pas forcément à la portée de toutes les bourses. Du coup, Ilinca Vlad a eu cette idée: proposer ses pièces aussi à la location. Pour une soirée, un week-end ou une semaine. Comment ça marche? Il suffit de passer commande sur internet, avant 16 heures, pour être livrée le lendemain. Lors de la première location, il faudra toutefois passer par la Galerie 9 trois quarts, à Montreux. «Porter un bijou, même le temps d’une soirée, permet de voir s’il est fait pour nous. On a le temps de l’apprivoiser… ou pas», résume l’artiste. Une trentaine de pièces sont déjà disponibles.JP
Dès le 9 septembre 2010, les bijoux
d’Ilinca Vlad seront non seulement
en vente à la Galerie 9 ¾ mais également en location.
Plusieurs formules de location sont
proposées : pour une soirée, un week-end, une semaine. Il y a également
trois forfaits à l’année possibles : 3, 6 ou 12 bijoux pour une soirée
chacun, au cours de l’année. Pour louer un bijou, rien de plus
facile il suffit d’avoir 18 ans révolus, être domicilié en Suisse et
avoir une RC. Lors de la première location, rendez-vous à la Galerie 9 ¾, tant
pour la location que pour le retour. Par la suite, les bijoux peuvent être loués
directement via le site www.ilincavlad.com, payement via Paypal, et livrés par la poste le jour
ouvrable suivant, si la commande est effectuée avant 16h. Ils pourront être
retournés par la poste ou rendus directement à la galerie.
Tarifs, hors frais de port (tarifs
postaux en vigueur) : - 1 soirée CHF 33.- - 1 week-end (de
vendredi à lundi) CHF 66.-
· - 1 semaine CHF 99.-
Forfaits, hors frais de port (tarifs
postaux en vigueur) : - 3 bijoux, pour un soir
chacun, CHF 88.-
· - 6 bijoux, pour un soir
chacun, CHF 166.-
· - 12 bijoux, pour un soir
chacun, CHF 333.-
Le forfait est valable
12 mois.
Si un bijou vous a plu
particulièrement, au point que vous souhaiteriez le garder, les frais de
location seront déduits du prix de vente.
GALERIE 9 ¾ Dominique Blazy Rime
www.neuftroisquarts.ch, Rue du
Mûrier9, 1820 Montreux, 021 961 2927
La photographe Fanny Begoin portant avec un charme fou Mina Harker 1, une collerette d'Ilinca Vlad, pièce unique faite à la main, en fil d'argent 925 tricoté avec des gouttes de verre de Murano et d'argent fin travaillées au chalumeau, fermoir en velours bordeaux.
Née en
1973 en Roumanie, de parents médecins, Ilinca est une enfant intrépide,
pétillante et intuitive. Elle a, dès son plus jeune âge, des
dispositions prononcées pour la lecture, le dessin et l’écriture, dont
elle se délecte chaque jour plus fascinée. Son imagination est son pays ;
celui où elle se raconte des fables fantastiques, joue avec les
allégories et rêve de fées, de chimères et autres créatures
transylvaniennes. Lorsque vous avez la fortune de l’entendre se livrer
un peu, mais toujours avec une grande pudeur, ses mirettes d’enfant
scintillent, comme ses perles, de ses utopies espiègles au bord de la
Mer Noire. Ce pays coloré est souvent dépeint comme une « île de
latinité dans un Océan slave » et c’est dans cet « attol » aux
influences bigarrées que grandit et s’invente Ilinca. Il est sans doute
l’une des origine de son intensité, de sa poésie et de son dessein,
dévoilée aujourd’hui dans ses créations.
En
1983, ses parents décident de s’établir en Suisse, afin d’offrir à
Ilinca, alors âgée de dix ans une autre terre aux mille possibles. C’est
à Yverdon, qu’elle débute son apprentissage de la langue de Molière. Un
authentique « cauchemar éveillé » selon ses dires. Toujours
aventureuse, elle se met donc en quête d’un moment et d’un lieu pour se
soustraire à cet exercice. Un jour, elle trouve cet espace-temps, dans
lequel elle n’a pas à converser : un atelier immense, dans lequel
travaillent un couple de jeunes artistes souffleurs de verre : Monica
Guggisberg et Philip Baldwin. Elle reste là des heures entières,
contemple émerveillée et écoute les sons, comme des incantations, de la
matière en fusion, des lumières prismatiques, des pigments chamarrés et
des objets improbables qui s’inventent ici. Elle le sait, les gestes
mystérieux de ceux qui ressemblent aux sorciers qui pouvaient peupler
ses légendes de petite fille s’inscrivent à ce moment-là pour toujours
dans sa mémoire.
Il y a
18 ans, le temps du voyage ensorcelant dans l’atelier des souffleurs de
verre n’est pourtant déjà plus qu’un souvenir lointain. Ilinca Vlad est
devenue une jeune femme élégante, au français parfait, érudite et
cultivée. Elle se destine à des études de Droit. Elle ne doute pas un
instant du chemin à emprunter. Son inclination pour les histoires, les
contes et les voyages est constante, mais elle a grandi. Son expression
créative et l’opulence de son univers sont ailleurs et répondent à
d’autres ambitions. Enfin,
il y eut cette nuit froide et iodée de janvier 2006, où sur un vaporetto
la ramenant de Murano à Venise, l’un des sanctuaire du verre, elle est
rattrapée par ses souvenirs impatients et passionnés. Son don. Ilinca
Vlad s’apprête à se consacrer non pas au chemin désigné jusque-là, mais à
embrasser son destin. Elle n’a pas peur. Elle est heureuse, comme elle
l’était dans l’atelier des artisans verriers 20 ans auparavant. Elle
voit éclore sa graine de folie, sa perle de folie, son envie
irrépressible de découvrir les secrets de fabrications ancestraux et
occultes des artisans verriers et de se lancer corps et âme dans cet
art. Oui, ce soir de janvier 2006 sur ce vaporetto, sa tête entière est
dans le monde et le monde entier dans sa tête. Les
mois s’écoulent et la cuisine exiguë de son appartement se transforme
peu à peu en un atelier d’artisan du verre. Dans cet antre d’apprentie
sorcière, le four ne sert pas à cuire des gâteaux, mais le verre en
fusion. Les boîtes d’épices aux mille couleurs sont en fait des émaux
merveilleux. Sur le plan de travail, pas de couteaux ou de cuillers,
mais des chalumeaux, des pinces, des bobines de fils d’or, de cuivre et
d’argent. Et dans les assiettes, des bonbons multicolores et
multiformes… Ses perles... graines mystérieuses des bijoux à naître. Dans le salon, entre les livres et les cahiers de croquis, des Ĺ“uvres de
l’artiste : colliers, bagues, boucles d’oreilles, ceintures. Partout.
Tout
est susceptible de l’inspirer : la nature, l'art, les voyages, les
saisons, les textures, une femme, le verre lui-même ou simplement
l’envie d'expérimenter lorsqu’elle est face à son chalumeau. Une
abstraction, une perle, les perles, le tricotin, la soudure et enfin le
bijou, son fermoir, chaque détail compte et est exécuté avec précision
et intelligence sensible. Une histoire. Chacune
de ses créations à la brillance iridescente est riche de son monde, de
sa générosité et de son lyrisme malicieux. Un acte d’amour. Artisan
bijoutier, elle crée des oeuvres uniques et authentiques, car elle pense
que chacun d’entre nous l’est aussi
Force
est de constater que l’étrange beauté du monde consentie par cette
apprentie sorcière a fait d’elle une magicienne déroutante.
Dalel Bouaïche